Conseils pratiques – 1

Avant de se mettre en route

Il est très probable – et souhaitable ! – que ton Chemin se révèle une des découvertes les plus belles, surprenantes, gratifiantes de ta vie: il importe donc, pour que ta joie ne soit pas ternie ni ton voyage compromis par des soucis matériels ou sanitaires, de le préparer, de te préparer soigneusement.

En premier lieu, il convient de dire que, physiquement, le Chemin de St Jacques est à la portée de tous, de tous les âges, pour autant que le/la pèlerin(e) sache doser ses efforts et ses étapes en fonction de ses possibilités.

Une fois que tu auras pris ta décision, tu commenceras ta préparation physique: tu feras des promenades, des randonnées en montagne en augmentant progressivement la distance à parcourir, jusqu’à ce qu’elle corresponde aux étapes que tu prévois. Prends également le temps de tester ton sac, d’en équilibrer le poids par différents réglages, et de faire le point sur tes compétences de porteur assez tôt avant le départ.

En même temps, tu ” feras ” tes chaussures à ton pied : rien de pire qu’un matériel neuf pour attraper des ampoules! Si le choix des chaussures reste une affaire personnelle, il est néanmoins recommandé de les choisir les plus légères et souples possible, tout en assurant le soutien du pied, et de pouvoir, le soir, reposer ses pieds dans des chaussures légères ( par exemple, des sandales sportives qui peuvent, à l’occasion, sur terrain plat et par temps chaud, s’avérer une heureuse alternative aux chaussures montantes). Quant aux chaussettes, choisis-les de préférence sans couture sur les orteils, et prends-en assez, fines ou/et épaisses selon tes chaussures et ton expérience: il t’arrivera, en effet, de ne pas pouvoir les laver ou… de ne pas en avoir envie! 

Au bout du Chemin, tu auras porté ton sac à dos pendant environ 500 heures: il doit donc être pratique, adapté à ta morphologie et, surtout, ne pas peser plus de 8 à 9 kilos, et, si possible, moins! Tiens compte, en le pesant, des variations dues à la gourde et au casse-croûte (+ 1-2 kg !) Munis-le, s’il ne l’est pas, d’une housse imperméable. Un sac-poubelle (110 l) avec des trous pour les bretelles, renforcé par du ruban adhésif, peut faire l’affaire. Prends soin d’équilibrer les différents “points de portage”: courroies de bretelles (épaules), de ceinture (hanches), de poitrine. Un sac de couchage, le plus léger possible, est indispensable: il se peut que des gîtes soient pauvres en couvertures, ou bondés, voire, en certains endroits, fermés! Une natte de mousse peut s’avérer utile. Ne prends une tente que si tu as choisi ce mode d’hébergement!

S’il n’est guère utile de transporter des réserves de nourriture, il est précieux de pouvoir disposer en tout temps d’aliments énergétiques et légers: fruits secs, sucre de raisin, barres de céréales. Donne à ton corps, qui subit une épreuve nouvelle, les moyens de la supporter: bois donc plus qu’à satiété normale, surtout en été! Remplis ta gourde (1 litre au minimum) le soir, au gîte: il arrive que l’eau soit coupée durant la nuit, et celle des fontaines n’est pas toujours potable. Je te signale que tu trouveras en principe de l’eau potable dans les cimetières! Les boissons dites énergétiques (genre Isostar) sont aisément (et… économiquement!) remplacées par des soupes salées et jus de fruits le soir. Des arrêts bénéfiques, de toute façon indispensables, sont préférables au système ” camel bag ” (avec tuyau du sac à la bouche). Pour les repas, tu trouveras en général des bars ou commerces à l’étape et, quand ce n’est pas le cas, les guides le mentionnent.

Prévois une trousse de secours élémentaire, en privilégiant les médicaments liés à la marche: deuxième peau, pansements, désinfectant, petits ciseaux, crème pour les pieds, vaseline ou talc pour les irritations dues aux frottements (“loup”), en n’oubliant pas un remède contre la “tourista” (diarrhée du voyage) et les maux de tête. Pour les dortoirs, des bouchons d’oreille (genre “boules Quies”) peuvent s’avérer précieux… Enfin, n’oublie pas tes médicaments habituels: il est souvent impossible de les trouver dans des pharmacies étrangères.

Prévois également : trousse et serviette de toilette légers, crème solaire, lunettes de soleil, papier hygiénique, mouchoirs en papier, gobelet plastique, canif (avec ouvre-boîte), mini-nécessaire de couture avec épingles de nourrice, sachets plats de poudre à lessive (plus légers que les gros tubes) et pinces à linge pour les lessives quotidiennes, mini-lampe de poche ou frontale, et, si tu veux respecter la tradition de la Cruz de Ferro, un petit caillou de chez toi.

Il est également possible de se procurer un petit chariot (à 1 ou 2 roues) auquel le pèlerin s’attelle, et qui le suit, attaché à une ceinture elle-même soutenue par des bretelles. Ce système, bien que peu adapté aux chemins escarpés, boueux, sablonneux, escaliers, et d’une utilisation plus compliquée que le sac, permet aux pèlerins au dos fragile de transporter eux-mêmes leur bagage.
Le modèle le plus connu, le Carrix (cf. www.carrix.ch) est de fabrication suisse.