Conseils pratiques – 2

Avant de se mettre en route (suite)

Le téléphone portable, bien qu’utile, ne devrait être utilisé qu’en cas de nécessité et pour donner des nouvelles à ses proches. Ne rien vouloir changer à ses habitudes de communication peut s’avérer une entrave liberticide à l’accueil de l’imprévu…, de ce qui fait, justement, l’attrait du Chemin!

Ta maison (c’est-à-dire ton sac) se doit d’être bien organisée, de manière à ce que tout objet soit aisément et rapidement accessible: range les objets de même nature (vêtements, sous-vêtements, matériel photo, etc.) dans des sachets de plastique de couleurs différentes. En cas de pluie, retourne les sachets (ouverture en bas) pour garder les objets au sec. Il est conseillé de placer les objets les plus lourds près des épaules.

Pour conserver la mémoire de ta grande aventure, n’hésite pas à te munir d’un cahier et d’un stylo pour noter tes pensées, expériences, réflexions, voire d’un appareil-photo (sans oublier chargeur et réserve de mémoire): ces documents te seront précieux au retour. En effet, la route est si riche en émotions et découvertes que la seule mémoire n’y saurait suffire, et, dans les moments plus difficiles, « écrire, c’est déjà guérir ! »

Si ta route est longue, tu peux te faire envoyer les guides et autres objets lourds en poste restante (en esp. « lista de correos ») dans les grandes villes jalonnant le parcours. Prévois que les offices de poste gardent les envois, en général, de 10 à 15 jours, et évite d’arriver à la poste le samedi vers midi… Certains gîtes et accueils jacquaires – qu’il est courtois de prévenir avant – acceptent aussi les envois… pour autant que tu y fasses étape !

Question finances, ton budget dépendra avant tout de tes exigences en matière d’hébergement et de restauration: si tu chemines de gîte en gîte, pique-niques à midi et cuisines le soir, ton budget quotidien ne devrait pas dépasser 30 euros en France, 20 euros en Espagne… Il sera plus lourd en Suisse et Allemagne, où les gîtes sont encore rares. Si tu combines gîte, pique-nique et restaurant le soir, il convient d’ajouter environ 10-15 euros. Petits hôtels et chambres d’hôtes, souvent plus chers – mais pas toujours! – te mettront un peu à l’écart de la vie du Chemin, mais te garantiront occasionnellement une nuit confortable et silencieuse. Souviens-toi que la formule  » accueil jacquaire  » (par des pèlerins pour des pèlerins, avec contribution volontaire), très appréciée en Suisse et en France, ne peut subsister que si tu  » joues le jeu  » en laissant au moins le coût de ton entretien (repas, lessive/nettoyage, parfois acheminement en voiture, etc.).
Prévois aussi… l’imprévu (visite au médecin, remplacement d’un vêtement, etc.)
Il n’est enfin nul besoin d’emporter de grosses sommes avec soi, nos pays d’Europe occidentale étant bien fournis en  » Bancomats « ,  » points argent  » et autres  » telebancos « . Mais ne songe pas à payer ton gîte, ton accueil jacquaire ou ton  » menu del peregrino  » avec une carte de crédit ! Il convient donc d’étudier le parcours et de s’approvisionner dans les localités importantes.

Nous te conseillons de soigner ton apparence et ta façon de te vêtir, de manière à être identifié comme pèlerin… sans ostentation cependant : tu n’es pas « en représentation »! Tu peux fixer une coquille à ton sac. Pour le bâton – ou bourdon – c’est une affaire d’appréciation personnelle: bâton de bois ou de métal télescopique, il t’aide à monter, te retient dans les descentes, rythme ta marche, et, parfois, sert de support à ta rêverie: doublé, il maintient un bon équilibre gauche-droite… mais prive le marcheur d’une de ses mains (comment tenir, dès lors, carte, guide, etc.?)

Quant aux vêtements, personne ne peut prétendre connaître l’équipement idéal: il suffit d’emmener le minimum convenant à toutes les circonstances: chaleur, froid, pluie. Des priorités doivent être fixées: une veste de tissu imperméable mais perspirant (type Gore-Tex) ne rendra pas les mêmes services qu’une pèlerine totalement imperméable… et prendre les deux alourdit le sac! Quoi qu’il en soit, ne pas oublier un chapeau ou casquette laissant circuler l’air autour de la tête (toile, paille fine) et muni d’ailes ou visière assez grandes pour procurer de l’ombre aux yeux.

En outre, n’oublie pas ta carte d’identité, ta carte européenne d’assurance-maladie, ta crédentiale (commandée un bon mois avant, cf document y consacré) et une petite poche (par ex. « banane ») pour les conserver sur toi le soir.
Une suggestion, si tes pas te mènent outre-Pyrénées et que tu ignores tout du castillan: munis-toi d’un petit lexique de conversation courante français-espagnol (photocopies de guide ou petite brochure, genre Berlitz) à étudier pendant tes heures de solitude: tes contacts seront plus directs, chaleureux et… efficaces, en cas d’urgence, dès ton arrivée en Espagne!

Si tu songes à parcourir le Chemin à bicyclette, munis-toi d’une excellente trousse d’entretien (chambre à air, pneu, clé à tendre les rayons, petite bouteille d’essence et chiffon pour nettoyages). Mais il n’est nul besoin d’emporter un second vélo en pièces détachées: les escales mécaniques ne sont pas si rares et les guides pour cyclistes les mentionnent. Sache également que, dans de nombreux endroits, le Chemin est malaisé même pour un VTT et munis-toi de cartes (au 1:100 000) pour trouver des itinéraires de remplacement. Munis ta bicyclette d’une sonnette pour ne pas effrayer et déstabiliser les piétons lourdement chargés.
Enfin, souviens-toi que les gîtes sont réservés en priorité aux piétons.

Que dire, enfin, des animaux sur le Chemin ?
Malgré les expériences positives de certains maîtres (on n’a pas demandé son avis à leur toutou préféré…), nous te déconseillons vivement d’emmener ton chien: ni sa morphologie (coussinets fragiles sous les pattes), ni son comportement (allers-et-retours incessants, aboiements), ni son besoin de repos en plein jour ne conviennent à la longueur des étapes, à la rencontre de troupeaux non enclos ou autres chiens de ferme. Si tu désires cheminer avec un âne – le rêve de tant de futurs pèlerins ou familles! – renseigne-toi bien avant le départ auprès d’une association idoine et fais connaissance assez tôt avec ton compagnon de route, ses horaires de repas, son alimentation et ses pathologies éventuelles. Par exemple, de multiples piqûres de tiques peuvent compromettre la suite du chemin. Souviens-toi que tu traverseras des régions semi-désertiques ou abandonnées à la suite de l’exode rural où des services tels que médecin, vétérinaire, sont rares! Si, enfin, tu tentes l’aventure avec un cheval, renseigne-toi sur les possibilités d’accueil et de fourrage. Dans tous les cas, sache que, l’accès aux gîtes étant rare pour les pèlerins accompagnés d’un animal, il sera prudent de te munir d’une tente.