Pèlerin confiné

Pèlerin confiné pendant … jours, Pèlerin toujours!

Retrouve les suggestions de l'Association des Amis du Chemin de Saint-Jacques en Suisse pour tromper l'attente du moment où il sera possible de repartir sur les Chemins.

Informations concernant le Coronavirus


AUSSI TÔT QUE POSSIBLE, AUSSI TARD QUE NÉCESSAIRE!

Qui peut repartir sur le Chemin? Quand? Où? Comment? Vous êtes nombreux à nous poser la
question.

Le maître-mot est inchangé : PATIENCE !

Alors que Prudence (ne mettre ni autrui ni soi-même en danger), Plaisir (évaluer la nature de ses
envies/attentes pour éviter la déception) et donc Patience restent de rigueur, tu trouveras ci-dessous
un état des lieux pour t’aider à faire preuve de Pragmatisme et discerner ce qui est Possible
et ce qui ne l’est Pas.

Quant au pèlerin trop pressé, malgré les recommandations officielles qui appellent à rester chez soi, de fouler la Suisse et son Chemin, qu’il n’oublie pas de respecter absolument les consignes
sanitaires et de se renseigner avant de partir, en contactant notamment les hébergements pour
s’assurer de leur disponibilité.

Enfin, gardons à l’esprit cet adage bien connu sur le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle:
Le touriste exige, le pèlerin remercie…

Ultreïa!


Actualités


Ouverture progressive des auberges:

L'auberge de pèlerins de Märstetten est ouverte, elle peut accueillir 2 ou 3 pèlerins (au lieu de 10 habituellement), pas de groupes.

L'auberge de pèlerins de Brienzwiller Pilgerherberge Brienzwiler rouvrira le 30 mai.

L'auberge de pèlerins de Saint-Gall Pilgerherberge St.Gallen ouvrira au plus tôt le 4 juillet.

L'auberge de pèlerins de Rapperswil Pilgerherberge Rapperswil n'a pas de date de réouverture prévue à ce jour, information suivra.

Le gîte communal de Gland (VD) sera ouvert à partir du 27 mai pour 4 pèlerins (dont un couple), en respectant les normes actuelles d’hygiène et de sécurité.  


Dans tous les cas, CONTACTEZ les hébergeurs avant votre départ, et RESPECTEZ LES CONSIGNES d'hygiène et de distance sociale, et les limitations du nombre de personnes en réunion.

Actualités de notre Association


Important: Assemblée générale ordinaire reportée

Etant donné la situation actuelle liée au coronavirus, l'AGO de l'Association helvétique des Amis du Chemin de Saint-Jacques, initialement prévue le samedi 28 mars 2020 à Saint-Maurice, est reportée au samedi 3 octobre 2020. Le programme est disponible au format pdf .

Nous sommes désolés d'avoir eu à prendre cette décision, mais respectons les principes de solidarité et de responsabilité sociale qui prévalent actuellement.

Pour vous protéger, vous-même et autrui, pour endiguer la propagation du virus, mais aussi pour pouvoir vivre, plus tard, le Chemin dans toute sa beauté et en toute sécurité, faites preuve de patience.

Et pour aller plus loin, plus haut, ne méprisez pas le bon sens.

Ultreïa !

Activités annulées

Ami-e-s pèlerin-e-s,

Vous l'avez deviné: étant donné les mesures prises par les autorités suisses pour endiguer la propagation du coronavirus, tous les stamms (les réunions jacquaires) sont annulés jusqu'à nouvel avis, de même que la sortie annuelle du stamm Valais qui devait avoir lieu le 3 mai.

Nous ne manquerons pas de vous signaler leur reprise sitôt que les circonstances le permettront, sur la page Activités de ce site.

En attendant… relisez vos journaux de voyage, triez vos photos, montez vos films, prenez des forces pour des jours meilleurs, et surtout prenez soin de vous et de ceux qui vous entourent.

Livres


Nouveauté

«Via Jacobi - Sur le chemin suisse de Compostelle».

Tel est le titre du nouveau livre du journaliste Emmanuel Tagnard, illustré par Baladi.

Un ouvrage à mettre entre toutes les mains: de ceux qui ne connaissent pas encore le Chemin qui traverse la Suisse, ceux qui vont profiter du déconfinement pour passer leurs vacances dans notre pays, ceux veulent découvrir ce bout de pèlerinage sous un nouvel angle.

Disponible chez votre libraire près de chez vous dès le 4 juin, et en précommande sur le site de l'éditeur, Saint-Augustin : https://st-augustin.ch/blog/via-jaobi-emmanuel-tagnard/ ou à l'aide du bulletin de précommande

Le préféré

Dans notre sondage sur Facebook, ce récit d’un pèlerinage moderne et enlevé dépasse d’une courte tête «Immortelle randonnée», de Jean-Christophe Ruffin.

Disponible en format papier et numérique (ePUB, PDF) chez Payot.

La BD

Avoue que le titre, de circonstance, donne envie de plonger la tête la première dans les planches et les bulles! Histoire de savoir si l’héroïne va trouver sa voie hors du Chemin.

Disponible en format papier et numérique (Kindle) sur Amazon

L'audio

Rédigé au XVIIe siècle par John Bunyan alors qu’il était en prison, «Le voyage du pèlerin»  fut pendant des siècles le 2e livre le plus diffusé dans le monde anglophone après la Bible.

Disponible en version audio et numérique sur Litteratureaudio.com

Vidéos


Le message de Jean-claude Benazet (auteur compositeur du chant "Ultreïa")

Attention, voici des conseils hautement autorisés, révélés en exclusivité pour les jeunes du diocèse de Lyon, par des spécialistes MONDIALES du confinement.

Activités ludiques, créatives


Cuisine :

Recette Gâteau de Saint-Jacques

Confiné? C'est le moment de cuisinier! Et pourquoi pas le fameux gâteau de Saint-Jacques?

On te redonne la recette + le chablon du motif à télécharger ici au format pdf

Bon appétit !


Activité manuelle

Réalise des coquilles en origami !

On peut tromper l'ennui en faisant des cocottes en papier… ou des coquilles Saint-Jacques en origami!

Qu'on peut barioler (ou donner à barioler à ses enfants ou petits-enfants) en attendant de s'en faire des décorations pour le pot de départ quand viendra le moment.

Au fait, une coquille Saint-Jacques en origami, ça se fait comment? Suis le tuto !

N'hésite pas à te rendre sur notre page facebook pour découvrir d'autres idées !

Témoignages


Fabienne Bodan

J’aime la liberté, voyager, cheminer, communiquer, rencontrer les autres et m’enrichir de leurs connaissances. Alors, forcément, ce confinement, et ce qui se profile pour les mois à venir vont à l’encontre de ce qui m’anime depuis toujours. Comme si ce Covid-19 me demandait de renoncer à la part la plus fondamentale de moi-même : la mobilité et le goût de la découverte par le voyage. Mais l’être humain cache toujours des ressources insoupçonnées. Certains incidents de parcours dans ma vie et une maladie grave m’ont appris que tout avait un sens, qu’il importait de le décrypter puis de rebondir et de se repositionner.

Passée la sidération de la violence d’une assignation à domicile brutalement imposée aux peuples, contrôlée dans certains états par une police dénuée de discernement, qui peut verbaliser une vieille dame qui vient chaque jour faire un signe de la main à son époux enfermé dans un EHPAD ou dépêcher un hélicoptère pour seriner à un individu marchant seul sur une plage déserte que c’est interdit, j’ai trouvé l’apaisement dans la rédaction d’un livre.

Lire le témoignage complet

Fabienne BODAN, France, mai 2020


Emmanuelle

Un Chemin intérieur

Le 10 avril 2020, il était prévu que je continue de Moissac mon Chemin, commencé devant chez moi en 2017 à la suite d'un vœu. Le 13 mars, lors de l'annonce des mesures du Conseil fédéral, j'ai su que je ne partirais pas.

Certes, j'ai eu un mois pour me préparer à cet aléa. Mais c'est un jalon symbolique et personnel, ce Vendredi saint, jour prévu du départ, au milieu de cette pandémie dont on ignore encore quels seront les effets durables. 

En cette période d'incertitude, j'ai envie de me rappeler ce que le chemin accompli jusqu'à ce jour m'a appris et m'a donné. Chaque étape a représenté une leçon, un cadeau ou une évolution. Elles m'ont permis de découvrir combien l'identité de pèlerin vous dépouille des autres oripeaux. Il suffit d'un sac à dos pour devenir l'autre, l'étranger, même dans son propre pays. Il suffit de se mettre en chemin pour mesurer combien de l'eau, un banc, des toilettes publiques propres et un sourire sont des biens essentiels. Randonneuse expérimentée (que je croyais!), j'ai vécu les fameuses ampoules du début comme une leçon d'humilité. 

Je risque un parallèle: mi-mars, le confinement a produit un choc, un changement d'habitudes. Certaines personnes ont été gravement atteintes dans leur santé, d'autres sont en deuil, d'autres encore ont perdu leur emploi… Étape par étape, nous suivons notre chemin, nous rappelant peut-être, aussi, comme le pèlerin fatigué, qu'à chaque jour suffit sa peine.

Le chemin de Compostelle m'a amené son lot de belles rencontres… Et de moins belles. Des exemples de ténacité, de bonté désintéressée, et un ou deux personnages plus déplaisants. Le semi-confinement m'a aussi permis de découvrir une magnifique solidarité, d'être humain à autre être humain. Péleriner avec ma vie dans un sac m'a appris à distinguer l'essentiel du superflu: qu'il était pesant, le sac encombré du début! Cette période d'arrêt actuelle nous force aussi, brusquement, douloureusement, à nous interroger sur ce qui fait l'essentiel et le sel de nos vies. 

Il s'agit de vivre pas après pas, et, pour d'aucuns, qu'il est long le chemin vers la guérison.

J'ai appris à faire confiance au chemin et à aller selon mes forces, qui fluctuent. Parfois j'ai l'impression de voler, d'autres fois, de me traîner. La plupart du temps, je marche, tout simplement. Et, en ces temps plus immobiles que d'autres, je puise dans mes souvenirs heureux pour illuminer le présent. L'an passé, les étapes jusqu'à Moissac ont été constellées de bonheurs et de rencontres magnifiques. Alors je prends des nouvelles, rêve sur des topo-guides, regarde des photos. C'est l'occasion de s'appeler, de s'écrire et de se dire combien l'on s'aime. Certes, j'ai un pincement au cœur de ne pas partir, et en même temps le sentiment d'être une privilégiée en ayant la santé, un emploi, et en étant utile à ma communauté. 

En attendant de repartir, je laisse donc les effets du Chemin se déployer en moi. J'ai une pensée pour les personnes, le long des itinéraires jacquaires, qui en vivent directement ou indirectement. Et, en ces temps de confinement, je pense à celles et ceux qui affrontent solitude non choisie et souffrance. Je viens de perdre un ami, grand arpenteur de sentiers, et c'est une partie de la beauté du monde qui, pour moi, se ternit.

Lorsque j'aurai à nouveau l'énergie, l'envie et de vrais congés, ce sera l'occasion de faire quelques étapes en amont de chez moi, sur la Via Jacobi. Histoire de cultiver cet esprit de Saint-Jacques de Compostelle mais sans s'éloigner encore. En pensée, il y aura une place sûrement pour cet ami décédé qui commentera le paysage par-dessus mon épaule. Le temps des chemins au long cours reviendra.

Emmanuelle, Avril 2020


Jean-Claude Boré

VIEUX PÈLERIN ayant plus de 12’500 km à pied et seul sur LE CAMINO, pour moi la solitude ne me dérange pas. LE CHEMIN POUR MOI SE NOMME LIBERTÉ, d’être avec comme COMPAGNE cette belle et grande nature qui tous les jours se transforme pour devenir plus belle et se faire regarder par un homme comme moi qui suis un homme d’images, et que je garde dans mon boîtier de photos. POUR MOI CELA EST BONHEUR. Sans oublier toutes les architectures créatives des églises et CATHÉDRALES faites par des COMPAGNONS charpentiers, maçons, tailleurs de pierres, qui étaient des milliers à CONSTRUIRE.

Je peux comprendre la frustration de ceux pour qui le CHEMIN était un nouveau souffle. Avec l’espérance la vie va reprendre son chemin et de nouveaux beaux jours vont venir nous donner de la joie. Ceux qui ont fait le chemin ont en tête leur vie privée et sans doute joyeuse de ces moments de grande LIBERTÉ et cela n’a pas de prix.

Le chemin me manque et je pense repartir en voiture et à pied pour revivre ces merveilleux souvenirs qui sont inscrits dans ma mémoire. Et refaire le chemin de Suisse et de France vers RONCEVAUX.

À VOUS TOUS,  ULTREÏA!

Jean-Claude Boré, Avril 2020


Dorine Nhu

C’est pas normal, mais alors, pas normal du tout !
C’est peu dire que la situation de confinement actuelle est hors norme. Mais pour moi qui ai pris l’habitude de qualifier la vie, les routines, les valeurs hors du Chemin comme majoritairement anormales par rapport à l’évidence humaine – même imparfaite - du Chemin, c’est le summum !

M’abstenir, ici et maintenant, de coller trois bises à mes amis, devoir trinquer avec mes complices d’apéro par écran interposé, mettre un gant pour apporter à mes voisins une tranche de tarte (de Santiago, évidemment !) à peine sortie du four, m’entendre dire qu’il faut "s’abstenir de multiplier les petits messages d’affection ou de rigolade pour ne pas encombrer les canaux de communication dédiés à la bonne marche de l’entreprise", pour ne citer que ces exemples, tout cela est à l’opposé de ma nature.

Alors imaginer que, demain, sur le Chemin, il faille m’abstenir de prendre dans mes bras le pèlerin à qui les larmes seraient montées aux yeux au détour d’une confidence, réfléchir à deux fois avant de partager le même bock de bière à plusieurs à l’arrivée au gîte, hésiter à mettre les mains (la paire de mains de chacun) à la pâte (la même pâte pour tout le monde) pour préparer un repas en commun, ou me sentir plus dérangée par un pèlerin qui tousse que par un pèlerin qui ronfle…

Voilà mon inquiétude de confinée : que l’Über-Anormalität de la situation actuelle déteigne sur la normalité du Chemin.
Certes, l’optimisme me chuchote à l’oreille que l’ordre – normal - des choses finira par reprendre ses droits, une fois que le temps – la mémoire courte aidant - aura fait son œuvre. Mais quand ?

Alors, là, confinée, ignorant si je suis corona-négative ou corona-asymptomatique, sans fièvre, je suis prise d’une certaine fébrilité : l’impatience d’aller prendre la température du Chemin. Bien sûr, je vais mettre mon questionnement en sourdine jusqu’à un retour de la situation à la normale. Ce qui ne m’empêche pas d’espérer : Mon Dieu, faites qu’au moins, surcroît d’hygiène aidant, on puisse se passer plus aisément encore le savon sous la douche !

Dorine Nhu, Printemps 2020


Sybille Bolli

Pyrénées

Je monte
La terre se dépouille
Encore
Quelques champs violets et roses
Quelques granges serrées
Encore
Quelques arolles fiers
Quelques chants
Encore
Quelques piétinements de bêtes
Quelques fontaines de bois clair
Je monte
Encore quelques pierriers immobiles
Quelques blocs posés
Encore
Quelques torrents qui pleurent
Quelques névés froids
Je monte
Ne reste que le roc
Qui tend au ciel
Et moi
Dans l’ossature du silence

Le couteau, la main et le pain

Couper le pain
N’importe où
Sur le sentier
Sur un sentier

En particulier
En main
Tenir la tranche qui vit
Arrêter ses pas
Les suspendre
Assis sur cette pierre
Ouvrir ses yeux
Voir la beauté du monde
La voir
Oui
Le temps d’une tranche
Mordre
Respirer
Sans les yeux, à présent
Au présent
Rien n’importe
Que le pain, le couteau, la main
Et le vent tiède
Sous le front des chênes

Sibylle Bolli, une pèlerine confinée, qui, posant son regard sur un caillou et une tranche de pain, se souvient… Avril 2020


Catherine Magnin

Confinée… Contrariée…

Mais je n’ai de loin pas l’exclusivité de cet état d’âme !

Je pense à tous les pèlerins qui avaient prévu de prendre le Chemin pour la première fois. Ah, quelle rage de devoir remettre à plus tard, sans savoir quand rouvriront les frontières, les hébergements, les accueils, les cathédrales, quand on pourra se ménager à nouveau du temps dans son agenda. A ceux-là, je souhaite d’être patients, très patients, doublement patients ! Pour ne pas avoir à s’inquiéter de questions de sécurité sanitaire qui parasiteraient la beauté du Chemin. Et pour apprécier le Chemin dans ce qu’il a de meilleur.
Je pense à ceux qui ont fait des pieds et des mains, trouvé des solutions pour faire le Chemin, plutôt que des excuses pour ne pas s’y lancer. A commencer par surpasser les interrogations, les doutes, les craintes. A ceux-là je souhaite de garder intacte l’envie, plus forte que les aléas ou les alibis. La récompense n’en sera que plus belle, le moment venu.

Je pense à toutes celles et tous ceux qui avaient prévu de repartir. Sûr, ils sont aussi contrariés que les précédents, leur impatience étant celle des retrouvailles. Avec un avantage cependant : ayant goûté à la potion magique, ils sauront distinguer l’amertume particulière liée à la pandémie, du goûteux intrinsèque au pèlerinage. A eux je souhaite la sagesse de la patience et de la prudence.
Et puis je pense à ceux, dont je fais partie, qui se réjouissaient de (re)partir comme d’une étape particulière dans leur parcours de vie, la fin d’une épreuve, un rite de passage, de renaissance peut-être. Le deuil qu’on n’a pas pu vivre comme on voulait, la faute aux distances sanitaires, la maladie qu’on ne peut pas continuer à soigner, la faute aux cabinets fermés aux soins non urgents. Tous ceux pour qui, dans un étrange mélange de frénésie impuissante et d’étirement soporifique, le temps prend une autre dimension. La marge entre, d’un côté, le retardement de la convalescence ou de l’apaisement, et, de l’autre, le moratoire de la guérison ou les adieux, devient infime….
A ceux-là comme à moi-même, j’ai envie de dire : Comme les étoiles lors de journées radieuses, le Chemin est invisible dans cette période de ténèbres. Il n’en est pas moins toujours là. Et bientôt, au lieu de « Confinée… Contrariée… », je chanterai (si, si !) «Libérée… Délivrée… »

Catherine Magnin, Avril 2020


Jean-Claude Benazet

Du 6 au 8 mars, je me trouvais à Etretat, en Seine-Maritime, invité par l'Association normande des Chemins de Saint-Jacques à son Assemblée Générale, pour présenter le CD de mes chansons jacquaires, notamment  «Tous les matins… Ultreia». Deux semaines plus tard, je devais me trouver pour les mêmes raisons en Suisse pour votre Congrès annuel. J'étais donc à mon domicile habituel, près de Toulouse, dans le Tarn, lorsque le confinement est arrivé, vers le 17 mars. Le lendemain, je devais repartir au Havre passer quelque temps chez ma compagne. Me voici donc assigné à résidence dans le Sud, alors que j'aurais bien souhaité me trouver à l'embouchure de la Seine. Partie remise…

Le confinement actuel, dans la bourgade de Lavaur, avec ses 11 000 habitants, n'est pas trop difficile à supporter, surtout quand on habite en centre-ville, avec les commerces traditionnels à proximité. Par contre, le fait de ne pas pouvoir utiliser son véhicule pour aller se promener ailleurs que dans les environs immédiats devient, avec le temps, un peu lourd à gérer. Mais il faut s'y faire, car le mois d'avril ne fait que commencer et on ne sait pas de quoi sera fait le «joli» mois de mai. Tout cela sans parler des répercussions chez les gens, chez les travailleurs et dans l'économie qui vont forcément s'en ressentir.

Quand les choses rentreront dans l'ordre, difficile de prévoir comment nous serons. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, il faudra abandonner le confinement petit à petit, continuer à se servir des précautions d'hygiène que nous aurons utilisées. Dans le domaine du Chemin de Saint-Jacques, il se peut que les gens ne repartent pas aussitôt; certains préfèreront reporter à plus tard pour profiter de la proximité de l'Année Sainte, d'autres se tourneront peut-être vers les gîtes privés ou vers les petites structures hôtelières qui pratiqueront peut-être des prix attractifs, etc. Un nouveau mode de fonctionnement nous attendra, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif. La société globale acceptera-t-elle de se souvenir qu'elle a connu une catastrophe et que c'est le bon moment pour devenir plus éco-responsables dans tous les niveaux de consommations…?

L'avenir nous le dira. En tout cas, on se souviendra peut-être que des voix se lèvent de plus en plus pour reconsidérer notre rapport à la nature et à la planète. Des noms comme Greta, Pierre Rabhi, ou la Ferme du Bec Hellouin, pour ne parler que de ces trois, nous reviendront en mémoire pour nous rappeler qu'il y a urgence à ouvrir nos consciences.

Une fois de plus, la même interrogation… Quel monde allons-nous laisser derrière nous?

Jean-Claude Benazet, le 1er avril 2020.

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